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Grande traversée du Vercors en autonomie : reconnaissance de l’itinéraire

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Afin de préparer la grande traversée dans le Vercors, j’ai passé 3 jours en reconnaissance, du 31 décembre 2010 au 2 janvier 2011, en compagnie d’une amie. Cela à été l’occasion de valider l’itinéraire bien sûr, les refuges et les lieux de pique-nique, mais aussi l’occasion de passer un réveillon peu commun et très original.

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Vendredi 31 décembre 2010

La montée au Belvédère depuis le Col du Rousset

Malgré le beau temps annoncé, c’est sous la grisaille que nous quittons Lyon en direction du Vercors pour un raid de 3 jours à travers ses hauts plateaux. Arrivés à Corrençon, il nous faut trouver un parking et garer la voiture, avant d’appeler le taxi qui nous emmènera au Col du Rousset, point de départ de notre randonnée.

Tandis que nous roulons vers le sud, Jean-Marc nous raconte tout en conduisant ses différentes traversées des hauts plateaux, et nous parle du Loup qui est revenu dans le Vercors. Il s’arrête de temps à autre pour nous montrer chevreuils et chamois descendus chercher leur nourriture dans les champs à cause de la neige en altitude.

Descente vers le pas des econdus : la neige est enfin là !

Arrivés au Col du Rousset, peu de neige. Nous entamons la montée vers le belvédère et les crêtes, cherchant les accumulations pour évoluer confortablement. Sous un ciel toujours gris, mais qui laisse parfois percer un rayon de soleil, se dessinent au sud, les monts des Baronnies complètement privés de neige.

Quelques kilomètres et un thé plus loin, la neige arrive en quantité dans la descente vers le pas des écondus. Nous entrons dans la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors. Le panneau indique Pré-Peyret 2,9km, 45min. Ces temps sont indicatifs et valables pour un randonneur à pied, mais en raquettes il nous faudra près d’une heure et quart pour monter la Combe Male bien enneigée et arriver au terme de notre première étape, juste à la tombée de la nuit…

La montée de la Combe Male, en fin de journée

Quelques personnes sont déjà sur place et nous réservent un accueil chaleureux. Parmi eux, Patrice et Sylvie habitent dans la vallée en contrebas, et ils viennent souvent passer du temps à Pré-Peyret, qui est comme devenue leur résidence secondaire. Une frontale s’approche dans le noir, et un randonneur seul arrive, surpris de voir autant de monde, lui qui comptait fuir le compte à rebours de minuit et les bip-bip des portables… Sur ce point pas d’inquiétude : le réseau ne passe pas sur les hauts plateaux ! 23h59, après avoir occupé la soirée d’une petite promenade nocturne, d’un bon thé chaud et de quelques parties de Tarot, nous ouvrons les dernières bouteille de champagne sans grande mise en scène, sans compte à rebours.

Vue sur les Baronnies (Drôme provençale)

 

Samedi 1er janvier 2011

Le départ de Pré-Peyret sous la brume

Tous fatigués par une bonne journée de marche, nous nous couchons sans trop tarder, et nous endormons paisiblement. Au réveil, Thomas et Freddy nous ont quittés, partis à 5h pour reprendre un train au matin, sans oublier toutefois de nous remettre une bûche dans le poêle lors de leur départ. Délicate attention.

Chacun prend son petit déjeuner et range ses affaires, en veillant à laisser la cabane bien propre pour ses prochains utilisateurs. Parmi les 14 que nous étions à ce réveillon, nous sommes les 2 seuls à continuer sur la grande traversée des plateaux, et à dormir de nouveau en refuge ce soir. Nicolas et Gilles qui redescendent à leur voiture, insistent pour descendre nos bouteilles vides en plus des leurs, afin de nous soulager pour les jours à venir. Merci les gars !

Le refuge de la Jasse du Play

La légère brume qui encombre le GR93 au départ de la cabane se dissipe rapidement, laissant voir les crêtes et le Grand Veymont, qui nous domine de ses 2341m. Petite visite à la Grande Cabane, bergerie malheureusement fermée. Les forêts de pins et d’épicéas se suivent, entrecoupées de petites clairières, en une alternance répétitive. Non loin du chemin, un groupe de retraités discute bruyamment alors que nous traçons en quête d’un endroit pour manger. Dans la forêt, nous croisons un randonneur solitaire en raquettes, avant que le temps ne se couvre alors que nous traversons la plaine de la Chau, avec sa bergerie et sa fontaine. Vers 16h, la Jasse du Play nous accueille le temps d’un goûter et d’un thé pour un court arrêt avant de repartir sur le GR.

Une heure plus tard, Tiolache du Milieu est en vue, au fond de son vallon. C’est petit, mais il y fait plutôt bon comparé à la température extérieure. La scie achetée spécialement pour l’occasion fait merveille lors de la corvée de bois.

La petite cabane de Tiolache du milieu

Allumage du poêle pour faire fondre la neige dans les casseroles. Remplir les gourdes, faire chauffer l’eau et préparer le repas du soir : un plat de pâtes à la sauce tomate et au fromage. Ce soir nous sommes seuls, enfin pas tout à fait…

Un petit Lérot en profite pour venir chaparder presque sous nos yeux un peu de pain laissé sur la table. Le cahier de la cabane indique qu’il se nomme Léon. Après le repas et une bonne infusion, je suspends les réserves de nourriture au plafond et rentre une bonne dose de bois dans le poêle tout en réduisant le tirage afin qu’il dure plus longtemps. Nous nous couchons rapidement afin de profiter de la douce chaleur de nos sacs de couchage. Dès la lumière éteinte, Léon vient fouiner dans la cabane. Je tenterai plusieurs fois de le surprendre avec ma frontale pour le voir de nouveau, mais sans succès.

Les plateaux enneigés, avec en trame de fond le Grand Veymont

 

Dimanche 2 janvier 2011

Au départ ce matin, l'ambiance grand nord est au rendez-vous !A 6h, le froid et une envie pressante me tirent de mon duvet. Cette nuit le vent à soufflé fort et le mercure est descendu en dessous de 0°C. Malgré tout, les murs protecteurs et le poêle de la cabane nous ont permis de garder une température positive à l’intérieur. J’en profite pour redémarrer le poêle, qui malheureusement ne tiendra pas jusqu’à notre réveil, 2h plus tard… Petit déjeuner dans la fraicheur matinale, qu’un thé bien chaud ne tarde pas à dissiper. Rapide ménage et nous partons sans oublier de laisser un mot dans le cahier de la cabane, ni de rentrer le bois coupé la veille. L’ambiance grand nord est au rendez-vous ! Un rayon de soleil nous aide alors à nous réchauffer en cette dernière matinée de marche.

Pics de givre sur les branchesAu canyon de Erges, la descente est raide. Sur les épicéas, le vent de la nuit à sculpté d’étranges et fragiles pics blancs. Passé l’alpage de Darbounouse, nous croisons quelques personnes. Pour le repas de midi, nous poussons jusqu’à la cabane de Carette, ou quelques braises encore rouges au fond du poêle permettent à la pièce principale de conserver une douce chaleur. Un couple de randonneurs s’y arrête également, puis un autre couple.

De plus en plus de monde sur le chemin : nous approchons de Corrençon. 45ème parallèle : nous sommes précisément à mi-distance entre le pôle et l’équateur. La motoneige du chalet de Clariant nous empoisonne de son odeur d’échappement sur les pistes de fond qui nous ramènent au parking. Le retour est un peu difficile après ces 3 jours de grands espaces et d’immersion en pleine nature…

Un seul rayon de soleil, avant le brouillard et la neige

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